Au terme d’une procédure qui aura mis les nerfs des salariés et de leurs familles à rude épreuve, après de multiples reports, le tribunal de commerce de Paris vient enfin d’attribuer les avoirs de la société SeaFrance à Eurotunnel. Cette décision met un point final à ce qui restera un désastre économique et social dont la responsabilité entière reposera sur la SNCF et les hommes qu’elle aura mis en place pour liquider l’entreprise.

Au-delà de mettre un terme définitif à une aventure humaine qui méritait bien mieux que le mépris tant de fois exprimé par des dirigeants qui n’avaient de cette fonction que le nom, cette décision ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives.

Eurotunnel s’apprête en effet à confier à la Société Coopérative Ouvrière créée par plus de 550 ex-salariés de SeaFrance le soin d’exploiter les trois navires que sont : Le Berlioz, le Rodin, le Nord Pas-de-Calais. Ainsi donc des salariés, jetés par leur employeurs, vont pouvoir rentrer, la tête haute dans leur entreprise, faire la démonstration de leur capacité à gérer collectivement une société qui devrait rester l’une des plus importantes du Calaisis. C’est pour ce qui me concerne une véritable fierté que d’avoir participé à la bataille pour que vive SeaFrance. En ces moments de joie (comment pourrait-il en être autrement quand la perspective de recréer des emplois est à portée de main) je n’oublie pas que certains auront tout tenté pour salir, dénigrer, détruire des hommes et ainsi empêcher qu’une reprise de l’entreprise par ses salariés puisse se faire. La décision du tribunal sonne comme une claque retentissante pour ces gens de peu de foie. Je n’oublie pas non plus, qu’il reste sur le quai plusieurs centaines de salariés pour lesquels la SNCF doit au plus vite assumer ses responsabilités en terme d’emplois ou d’investissements économiques lourds sur le Calaisis permettant à ses salariés de retrouver une situation.

Je veux dire aux salariés et à leur famille combien je suis heureux pour eux. Même si l’avenir reste à écrire, la possibilité leur est donnée aujourd’hui d’être les acteurs de leur devenir.

Enfin, même si en différentes occasions je dénonce les agissements du patronat, je veux publiquement remercier le groupe Eurotunnel et particulièrement son PDG Jacques GOUNON de l’implication positive qu’ils auront eue dans ce dossier. Preuve que l’union pour la défense, la sauvegarde et la promotion d’un territoire, valent mieux que l’anathème et la division.

Vive la nouvelle société SeaFrance et bon vent à ses navires.