alcatel Dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (Les entreprises dans lesquelles sont constituées une ou plusieurs sections syndicales d'organisations représentatives doivent engager, chaque année, une négociation sur de nombreux thèmes prévus par le Code du travail), aucun accord n’ayant été trouvé avec la direction, l’intersyndicale CGT, CFDT, FO et CFE-CGC a décidé d’engager un mouvement de protestation.

C’est sous la forme d’un débrayage continu que les salariés d’Alcatel ont décidé d’appuyer leurs revendications. Un wagon destiné à un gros client russe est bloqué et l’embarquement arrêté 1 h la nuit et le jour. Les demandes des salariés reposent sur une augmentation des salaires d’environ 3,5 %, des promotions internes et des primes. Depuis le 6 juin, les négociations sont bloquées et le dialogue avec la direction est rompu. Par ailleurs, alors que la rumeur de revente de l’usine est toujours persistante, les salariés sont pour l’instant toujours dans le flou sur ce sujet (une réunion aura lieu prochainement à Paris).

La Direction d’Alcatel chercherait des subventions auprès des collectivités locales et des instances européennes (communauté d’agglomération, Région, FEDER pour l’Europe). Les subventions recherchées s’élèveraient à 27 millions d’euros et pourraient être destinées à réaliser une nouvelle entrée, agrandir la partie recherche-développement et remplacer quelques machines vieillissantes. Par contre, il semblerait que la partie production ne soit pas concernée, ce qui est inquiétant pour l’avenir et mériterait un examen vigilant des éventuels « subventionneurs » publics.

Contrairement à ce que l’on pourrait laisser croire, l’usine ALCATEL de Calais se porte plutôt bien, puisqu’après avoir réalisé 130 millions d’euros de bénéfices l’an dernier, elle va récupérer un marché important de capteurs sous-marins de détection du pétrole pour de grosses compagnies pétrolières. Des perspectives qui pourraient permettre à la direction d’ALCATEL, avec un peu de bonne volonté, d’accéder à la demande bien légitime de ses salariés.