Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, Chers amis, chers Camarades,

Bienvenue à la rencontre de lancement de campagne de la liste : « Calais d’abord, Calais encore, Calais toujours ! » Une rencontre dont le but est : - de vous faire partager le travail accompli, dans l’ombre, par les militants des différentes composantes de la liste et d’amis qui se sont joints à nous sans être, comme on dit, « encartés ». - de vous rendre compte des différentes rencontres publiques que nous avons pu tenir, très souvent dans des lieux privés. - d’évoquer avec vous, les taches qui nous attendent. - d’évoquer les critères qui nous guident pour l’établissement de notre liste, et surtout de tracer le chemin qui nous permettra demain de remettre Calais sur les rails de l’avenir.

Tenir une telle rencontre sans dire un mot de la disparition de notre ami Alain Mascret, ne serait en rien respectueux pour Alain et sa famille, pour le rassemblement dans la diversité que chacun d’entre nous contribue à faire vivre, selon ses moyens. C’est en début de semaine dernière qu’Alain s’en est allé. Ancien Maire adjoint de la ville de Calais sous Jean- Jacques Barthe, puis moi-même, l’homme aux plus de 40 années d’adhésion au radicalisme socialiste, n’a pas réussi à résister aux attaques de la maladie. Longtemps salarié du privé, il est cadre dans une entreprise calaisienne quand une nouvelle crise économique le prive d’emploi. C’est dans la même période, le début des missions locales et d’un travail d’orientation en direction de la jeunesse. Alain postule et deviendra directeur de la mission locale de Calais et environs. Un poste qu’il occupera jusqu’à son départ en retraite. En politique, le virus l’atteindra très vite. En 1971, il est déjà candidat aux municipales, contre Jean-Jacques Barthe et l’union de la Gauche. En 1977, les relations s’étant clarifiées avec les radicaux de Gauche, Alain rejoint l’union qu’il ne quittera plus. Il était toujours conseiller municipal d’opposition. 36 années au service de Calais et de ses habitants. De nombreux observateurs locaux avaient tendance à dire de lui qu’il était l’allié permanent des communistes, celui qui empêchait le parti socialiste d’être devant. Des observateurs qui avancent ces réflexions sans avoir jamais tenté de connaître les raisons de fond de cette réalité. Des raisons qui tiennent à la valeur de la parole donnée, au respect des engagements pris, à l’acceptation de la différence dans le respect de la ligne politique élaborée ensemble. C’est parce qu’il était radical et proche du parti socialiste, qu’il avait pu juger la capacité des différents partenaires à respecter leurs engagements. Alain disait à ceux qui le lui demandaient : « avec les Communistes tu n’as pas de soucis à te faire, quand ils t’ont donné leur parole ils la respectent. On ne peut pas en dire autant de tout le monde et je suis bien placé pour le savoir ». Alain méritait pour son œuvre intellectuelle, un hommage public, qu’il me soit permis de reprendre quelques lignes d’une déclaration que j’ai fait parvenir à la presse : « Mes premiers mots iront à sa famille et surtout à son épouse, qu’il avait conscience de beaucoup fatiguer. Des mots de réconfort qui n’atténueront pas la peine, mais permettront de montrer l’attachement qui était le mien pour cet ami unique en son genre. Qu’il me soit ensuite permis de faire un dernier clin d’œil à un formidable compagnon de route. Résumer en quelques mots 30 ans de débats, de plaisanteries, de regards croisés sur la société, de discussions personnelles, d’amour pour notre ville… est impossible. Alors, je dirai simplement qu’Alain était un homme bien, un homme de parole et de convictions, un homme de générosité et d’esprit. Aujourd’hui j’ai de la peine et entends le dire publiquement. Mais le fait d’avoir cette peine ne me détournera pas du but que nous poursuivions ensemble : construire un monde meilleur, dans lequel chaque citoyen trouverait sa place. Adieu l’ami. »

Oui, il nous appartient collectivement de poursuivre le chemin qui nous mènera vers un monde meilleur, un chemin qui passe, nous le pensons collectivement, par la reconquête de Calais.

Presque 8 mois déjà nous séparent du démarrage de nos travaux. Ecriture, restitutions, modifications, ajouts, discussions, réécriture, re-discussions… pour parvenir, à la période de présentation publique, partage. Chacune de nos rencontres, soyons honnêtes, n’a pas rassemblé des milliers de personnes. Mais mises bout à bout, c’est plusieurs centaines de personnes qui ont souhaité faire part de leurs avis. Ajoutons à cela la participation indirecte, par l’intermédiaire du questionnaire, qui se chiffre à plus de 500 réponses, et nous parvenons à un débat intéressant. Evidemment, pour nous qui mettons en avant l’idée de démarche participative, le résultat pourrait apparaître en deçà de nos espérances. Plusieurs réflexions s’imposent à ce moment précis. Nous sommes dans une crise de société qui année après année se renforce. Jamais les difficultés de vie ne sont apparues aux yeux de nombreux Français comme insurmontables. Jamais l’écart entre les riches et les pauvres n’est apparu aussi élevé, jamais les Français n’ont eu le sentiment d’être autant méprisés, pendant que quelques-uns s’enrichissent chaque jour davantage. Jamais la chose publique, jamais le politique n’a été si controversé. Jamais, un gouvernement n’a été aussi impopulaire. A cultiver l’antiparlementarisme primaire, à montrer les élus comme seuls responsables de tous les maux de la société, on aboutit à la recherche de solutions miracles, simplistes. Si l’on renforce cette réalité, par la mise en avant, la promotion permanente de supposés adversaires de l’ « establishment », on en arrive à ce que seulement 25 à 30% des électeurs se déplacent à l’occasion des élections partielles, et surtout à ce que ceux qui se déplacent mettent en avant les candidats du Front National. Pourquoi notre ville échapperait-elle à cette réalité ? Par quel miracle ? Une réalité affligeante qui va pour certains jusqu’à nier le caractère raciste, xénophobe, antisocial de la formation de Madame Lepen. Le fait que nous soyons aussi nombreux ce soir, pour construire une alternative, a de quoi donner du baume au cœur de tous ceux (présents physiquement ou en pensées) qui sont persuadés que seul le rassemblement à gauche, pour une vrai politique de gauche, peut rendre l’espoir aux jeunes et moins jeunes qui n’en peuvent plus de tant de difficultés. Oui, malgré les difficultés, nous devons aller à la discussion, échanger, débattre, proposer. Proposer à partir des besoins concrets de notre population.

Le premier besoin de notre population, qui sonne aussi comme le principal échec de la liste de madame Bouchart, c’est l’emploi. Chacun a, en mémoire, les termes utilisés par nos adversaires lors des précédentes municipales. Nous faisions fuir les entreprises, les entrepreneurs ne venaient pas à Calais car le maire y était communiste, avec l’avènement d’une liste d’ouverture et la présence de Nicolas Sarkozy à la tête de notre pays nous allions voir ce que nous allions voir. Le problème de ceux qui ne savent que s’en prendre aux autres, est qu’ils n’ont pas d’idées, ou si peu. Avec un taux de chômage passé de 13% à 18%, on ne peut pas dire que le résultat est probant. D’autant que dans la même période de nombreux emplois industriels ont été remplacés par des emplois de commerce et de service, contribuant (au-delà de l’augmentation du nombre de demandeurs d’emplois) à réduire le pouvoir d’achat de notre territoire. 18% de sans-emplois, (alors même que les salariés de Calaire, de LKI n’en sont qu’au début de leur procédure), n’augure rien de bon. Comme n’augure rien de bon, l’annonce parue ces jours derniers que près de 40 % des Français consommeraient moins pour les fêtes de fin d’année. Une réalité qui ne manquera pas d’occasionner de nouvelles suppressions d’emplois dans le tissu commercial déjà particulièrement affaibli. Si enfin l’on ajoute que pour de nombreux experts, il n’y a pour le moment aucune visibilité pour l’année 2014, alors oui on peut être inquiet. Evidemment, nos adversaires vont : - Dénoncer des attaques infondées, mais les chiffres sont là, incontournables. - Prétexter de nombreuses créations d’emplois, certes, mais en oubliant de retrancher les disparitions, cela fait tout de suite moins sérieux. - Invoquer de magnifiques projets sur le point de se réaliser, peut-être, mais en attendant : certains sont à un horizon pour le moins éloigné, les terrains de la turquerie sont toujours vides, les terrains du Virval également, et si pour la logistique il se pourrait qu’à terme quelques emplois soient au rendez-vous, pour le reste c’est le scepticisme qui prévaut. Peut-on dire que cette équipe municipale a fait tout ce qui était en son pouvoir pour défendre et développer l’emploi local ? Nous ne le pensons pas. La décision de refuser le projet Eras Métal pour 150 emplois directs et indirects, la punition infligée aux entreprises locales qui avaient travaillées précédemment avec la mairie, le dénigrement systématique des 4B, n’ont pas été des signes forts d’une volonté de dynamiser, au contraire ! Dès lors, nous entendons à notre retour aux affaires municipales nous appuyer d’abord sur le développement économique endogène, avant que d’aller chercher ailleurs un hypothétique bonheur. Soyons clairs, nous sommes toujours davantage certain de nos capacités à entreprendre, de notre volonté de travailler, que de celle des autres à vouloir bien penser à nous. Les masses financières produites par la population de ce territoire doivent servir à booster l’activité économique de notre agglomération, dans le but de répondre aux besoins de notre population. Il ne s’agit pas de proposer un repli sur soi-même, une vie en autarcie, non ! Il s’agit, à partir de la contribution des femmes et des hommes de ce territoire de construire de la richesse qui permette à chacun de se faire une place dans la société. Comment ? En promouvant les critères d’efficacité sociale qui permettent aux PME du Calaisis d’accéder aux marchés publics. Est-il normal que les douches d’un « foyer » donné soient changées par une entreprise dont les bases sont assez lointaines, quand tant de salariés et d’artisans de la profession sont en attente d’emploi ? Est-il normal que des chantiers soient menés dans la ville par tant d’entreprises qui ne sont pas de la région, des entreprises qui recrutent y compris des salariés européens (chantier de l’hôpital), quand de trop nombreux Calaisiens formés aux métiers du bâtiment sont laissés sur le bord du chemin ? Est-il normal, que de nombreux sous-traitants de grands groupes nous viennent du département voisin du Nord, quand les acteurs calaisiens de cette profession sont en souffrance ?

Il nous appartiendra de mettre en avant nos convictions : Calais d’abord. Certain pourraient nous dire que la loi ne permet pas ce que nous vous proposons. Et bien c’est faux, la loi permet de défendre les intérêts sociaux d’une population, ce qu’elle ne permet pas c’est de favoriser délibérément. Oui pour nous, ce sera Calais d’abord, et ce qui sera vrai à la ville, le sera également à la communauté d’agglomération, à l’OPH et dans tous les organismes ou services directement ou indirectement liés à ces administrations. Mais nous voulons aller plus loin encore en matière d’emploi, et conjuguer de concert création d’emplois et réponse aux besoins des familles. L’exemple à mettre en valeur, parmi d’autres évidemment est celui de la reconstruction d’une cuisine centrale, un exemple soutenu à près de 100 % par tous les participants aux débats et aux questionnaires. Une cuisine centrale - Pour répondre aux besoins de qualité des repas tant dans les cantines scolaires, que dans les foyers de personnes âgées. - Pour répondre à l’utilisation de produits issus d’une agriculture respectant la nature, d’une agriculture le plus souvent possible appartenant au territoire. - Pour répondre à la volonté de respecter davantage l’environnement en éliminant des transports polluants inutiles. - Pour répondre au besoin d’emplois de notre population. De ces réflexions, en viennent d’autres : mais d’où vient le pain qui est servi dans les écoles, dans les foyers, à l’hôpital ? Serait-il stupide d’évoquer la possibilité de mettre en bouteille l’eau de calais pour servir le public et le privé (les cafés, hôtels, restaurants) ? Sur chacun des secteurs économiques de notre territoire, comme en Bretagne ou au Pays basque, le leitmotiv doit être : nous devons travailler ensemble, pour renforcer le territoire et créer de la valeur ajoutée, des emplois. Pour le port, pour le tissu industriel, pour le commerce, chacun doit être convaincu d’appartenir à une même collectivité et la force publique doit venir accompagner quand cela est nécessaire pour permettre au tissu local d’être le choix premier. Dans le même temps, nous devons nous appuyer sur nos forces, pour à partir de celles-ci envisager tous les développements possibles. Tout sera mis en œuvre pour défendre le tissu industriel existant, comme tout sera mis en œuvre pour accueillir dans les meilleures conditions ceux qui voudraient faire le choix de Calais. Tout doit encore être mis en œuvre pour que le commerce de centre-ville se redynamise, attire. Ainsi le pôle des 4B ne doit pas être traité comme un bâtiment municipal dans lequel on se contenterait de remplir les espaces vides en logeant certaines associations ou services municipaux ce qui ne manquerait pas de laisser la facture aux contribuables. Il doit être un lieu de commerce, faisant l’objet d’actions partenariales avec les professionnels, bénéficiant du soutien des fonds publics affectés à la redynamisation du commerce de centre-ville. IL doit offrir des services que l’on ne trouve pas ailleurs. Il doit travailler de concert avec le commerce présent sur les boulevards, comme nous devrons probablement réfléchir à une nouvelle organisation des marchés calaisiens, une organisation que d’autres villes ont déjà mie en place, une organisation qui doit servir tous les acteurs économiques et rendre du punch au centre-ville. Evidemment, une telle réalité ne peut être décidée par quelques élus fussent-ils spécialistes de la chose. Tout devra se faire dans la concertation la plus large possible, dans le seul but de satisfaire l’ensemble des participants. Dans de nombreuses discussions a été évoquée la difficulté pour de jeunes entrepreneurs, de jeunes commerçants de pouvoir s’installer. La faute à des loyers élevés, à l’impossibilité de reprendre des emplacements commerciaux squattés par des banques. Nous nous engageons à formuler rapidement une proposition novatrice sur le sujet. La possibilité avec les partenaires qui le souhaitent (collectivités, associations œuvrant dans le secteur…) de constituer une société d’économie mixte, un fond d’investissement public… qui puisse se rendre propriétaire des murs et ainsi pouvoir consentir des loyers qui puissent être évolutifs dans le temps, en fonction du chiffre d’affaire et des marges réalisées. Ainsi la force publique jouerait pleinement son rôle de soutien à l’économie, resterait propriétaire de ses ressources, ce qui est loin d’être le cas lorsqu’il s’agit de subventions attribuées sans réel contrôle.

Au-delà de ce travail de fond pour investir sur l’avenir, nous n’abandonnerons pas la recherche de possibilités extérieures, même si nous pensons que le rôle de l’État devrait être d’accompagner davantage les régions comme la nôtre. Des régions qui souffrent, tout en produisant une richesse importante pour la Nation. À combien se monte la richesse produite par le port et le tunnel ? À combien se monte la richesse produite par le tissu commercial local ? Quelle part revient au territoire, à ses habitants ? Sans une intervention lourde, concertée, de l’État, de la Région, de nous-même, les projets de logistique peineront à aboutir. Il importe donc que nous agissions dans un même mouvement : travailler à la création de nouveaux emplois locaux et nous mobiliser fortement pour revendiquer les moyens que Calais et le Calaisis sont en droit d’attendre du pays, pour service rendu à la nation. C’est ce que nous ferons !

Le second besoin de notre population, est celui d’une maîtrise de l’imposition locale et surtout d’une pose dans les grands projets. Maîtrise d’une imposition locale (ville - agglomération) qui a progressé de 40% en 5 ans. D’une imposition qui s’est accrue sur les familles modestes, au point que très nombreuses sont celles qui peinent à assumer les impôts locaux. Un malheur ne venant jamais seul, ce bon gouvernement PS-Verts a supprimé la demi-part attribuée jusqu’à présent aux veuves et veufs. Ce faisant, il a rendu éligible à l’imposition locale de très nombreuses « petites gens », comme on dit ici. Une réalité qui est pour bien des familles une réelle punition. Le réel danger de cette évolution considérable de l’imposition locale, est toutefois à venir. En effet, si les familles modestes se retrouvent à devoir régler une charge dont elles étaient auparavant exonérées, une charge qu’elles ne peuvent éviter car n’ayant pas les moyens d’envisager un autre avenir, il est d’autres familles qui se posent clairement la question de revendre leurs habitations pour aller habiter à l’extérieur de Calais. Les couches moyennes, celles qui se rendent propriétaires de leur logement, celles qui consomment, celles qui sont « choyées fiscalement par l’imposition », ont vu leurs charges exploser. Cette situation devient intenable et motive la volonté de départ. Des départs qui pourraient appauvrir la ville et rendre le lendemain plus complexe. C’est pourquoi il nous paraît indispensable de décréter au minimum un blocage des impôts locaux, une pose dans la construction de grands équipements qui permette de mettre en valeur le patrimoine qui est le nôtre, permette surtout de ne pas surcharger la barque. Soyons clairs, pose ne signifie pas : que plus rien ne sera fait. Non, cela veut juste dire que qu’il faudra faire plus et mieux pour répondre aux besoins de notre population, avec moins de moyens. Mettre en avant les projets utiles dans les quartiers. Répondre aux besoins de loisirs des jeunes et moins jeunes… Par contre, ce qui apparaît évident c’est que le projet de Palais des Congrès devra passer par un référendum d’intérêt local, que le camping prévu à proximité de l’avenue du Général De Gaule devra être repensé, que l’heure sera davantage à l’utilisation des équipements existants qu’aux projets particuliers, que la gestion des clubs de hauts niveaux devra être irréprochable sous peine de disparition, que les dépenses fastueuses seront exclues, que la rémunération des élus sera réduite et fonction de leur participation réelle à la vie de la commune. Ce qui apparaît encore évident, c’est que devront être poursuivies les recherches d’économies permanentes dans la gestion du patrimoine public. Ce qui apparaît encore plus évident c’est que la force publique ne devra plus consentir de cadeaux gratuits au secteur privé comme cela a été le cas dans ce mandat.

Le troisième besoin de notre population, est celui de bien vivre dans sa ville, en bénéficiant de services publics efficaces, modernes, financièrement intéressants, en participant aux décisions importantes et en étant régulièrement informé. Nous faisons ce choix des services publics. Ils doivent être développés car ils assurent les conditions de l’égalité et de la citoyenneté et sont structurants pour les territoires, pour le nôtre. Le contrôle par les élus et la population des concessions de services publics, doit être permanent et surtout viser à ce que l’usager ne soit pas lésé. Mener à bien une mission de service public ne peut se faire sans l’appui des salariés contribuant à l’offre publique, sans contrôle des citoyens utilisateurs et financeurs de ces services. Il nous apparaît également important d’associer les salariés dans l’élaboration des politiques municipales, de favoriser leur intervention dans la gestion, comme il nous apparaît important d’informer et de rendre compte aux citoyens des décisions prises en leur nom. Nous voulons, en préalable à l’exposé des missions de services publics, réaffirmer notre souhait de maintenir la solidarité intergénérationnelle à Calais et donc maintenir dans le service public le service mandataire du CCAS ! Nous affirmons que tous ceux qui ont été rejetés verront leur situation rétablie, comme seront réintégrés dans leurs droits les salariés injustement punis, mis au placard, qui n’ont rien fait d’autre que de défendre le service public. Tous ces salariés n’ont pas à subir les erreurs de gestion imputables à la direction et aux élus qui ont avalisé. Ainsi les choses sont claires. - Concernant l’eau, le contrat de concession sera revu et retravaillé en profondeur pour obtenir une nouvelle baisse significative du prix de l’eau qui serve en priorité les familles. La possibilité d’une réduction (à deux chiffres) du prix de l’eau peut être évoquée. Afin de répondre aux besoins d’avenir de notre population, l’idée de recherches sur la production d’énergie pour aboutir à un service eau-énergie, sera développée.

- Concernant le ramassage des ordures ménagères et la taxe qui va avec (taxe d’enlèvement des ordures ménagères), nous tenons à réaffirmer notre attachement à ce que ce service reste assumé par des agents de la fonction publique territoriale. La gestion sera mise à plat pour tenir compte des évolutions importantes de recettes dues à la progression des bases. Un effort particulièrement important de renouvellement du matériel sera consenti, une optimisation du service réalisée pour économiser ce qui peut encore être économisé. La discussion sera menée avec les communes extérieures à Calais pour envisager une collecte commune, gage d’économies pour tous. Enfin, la taxe sera revue à la baisse de manière conséquente.

- Concernant la restauration scolaire et les repas dans les foyers, si j’ai évoqué la question sous l’angle économique, il s’agit également de faire disparaître les trop nombreuses remarques négatives sur la qualité des repas qui détruisent l’idée même d’effort municipal.

- Concernant le service de l’assainissement qui dépend de la communauté d’agglomération et qui représente une part non négligeable de la facture d’eau. Une discussion sévère sera menée avec l’agglomération car sa gestion nous interroge. Les sommes réclamées aux consommateurs sont beaucoup plus importantes que les dépenses, et il semble parfaitement possible de diminuer le coût, a minima de 15%. C’est ce que nous essaierons d’obtenir.

- Concernant le service public des transports urbains, qui appartient à un syndicat regroupant la communauté d’agglomération du Calaisis et la ville de Guînes, nous entendons mener avec les autres collectivités une discussion sérieuse et constructive pour l’avenir. Ce service public est particulièrement important pour les besoins de déplacement de nos populations, pour l’environnement, pour le désengorgement de la circulation automobile. Servir plus et mieux notre population passe par un double impératif : offrir davantage de services à un coût motivant, maîtriser la dépense pour ne pas renforcer l’imposition. Des discussions devront être menées pour élargir le périmètre d’action du syndicat : la desserte de la gare TGV de Frethun, en fonction des besoins des usagers, doit être évoquée. Comme doivent être évoqués les nécessaires espaces publics de stationnement de cette même gare. Des discussions sérieuses doivent être engagées pour mettre un terme au fiasco que représente la Magest’in. Si un tel moyen de transport peut et doit se concevoir dans une ville disposant de canaux lui permettant de mettre en valeur son patrimoine, force est de constater qu’ici ça n’est pas le cas. Ce transport est régulièrement vide, heureusement qu’il est proposé actuellement aux enfants des écoles et des centres de loisirs de l’utiliser, car autrement la navette voyagerait continuellement sans passagers. Nous entendons mettre un terme à cette aventure en préservant les intérêts publics. Quant à la reconversion des personnels, elle ne devrait poser aucun problème, puisque lorsque l’on est capable de conduire un tel engin, on doit être capable de conduire un bus. Notre volonté de réduire les dépenses pour le moins inutiles, vise un autre objectif, celui de donner davantage de liberté à nos jeunes, à nos familles. Le coût du transport est chez nous peu élevé. Mais ce peu élevé est déjà trop lourd pour de trop nombreux Calaisiens. Si nous voulons que chacun puisse circuler selon ses besoins et selon ses moyens, si nous voulons rendre le centre-ville attractif, si nous voulons que les équipements sportifs, culturels, de loisirs, puissent être utilisés par tous les habitants du Calaisis de quelques quartiers, de quelque villes qu’ils soient, aussi souvent qu’ils le souhaitent, alors il faut travailler à réduire fortement le coût du transport. Notre objectif est d’amener le ticket de bus à 20 centimes d’euros pour tous les habitants du Calaisis. Ainsi collectivement nous feront œuvre d’utilité, et aiderons nos populations à posséder vraiment la liberté de circulation.

- Concernant le service public de la santé, il appartiendra aux élus du territoire et donc à ceux d’entre nous qui représenterons la ville de Calais, son agglomération, d’être toujours présents pour que l’hôpital public puisse servir au mieux les intérêts de la population. Il nous appartiendra de veiller à ce qu’aucune décision de gestion ne vienne mettre en difficulté le fonctionnement des services de santé, comme il nous appartiendra d’aller en permanence revendiquer davantage de moyens pour notre région, des moyens qui tiennent compte de la spécificité de notre agglomération avec la présence d’un grand port de commerce et de voyageurs, la présence du Tunnel sous la Manche. Pour ce qui concerne le territoire calaisien, les élus devront veiller à prendre les dispositions pour que dans chaque quartier important de notre ville la présence d’un ou de plusieurs médecins soit effective. Même si cela passe par un investissement public.

- Concernant le service public du logement, c’est un euphémisme que de dire qu’il sera nécessaire d’y mettre bon ordre. L’intérêt premier doit être celui des locataires. Leur argent doit être utilisé à bon escient et pas gaspillé. Les loyers doivent être encadrés pas seulement l’année des élections, et dans certains secteurs il sera nécessaire d’envisager une baisse des loyers qui sont à ce jour insupportables. Un grand examen de la qualité et des besoins du patrimoine doit être mené rapidement et un plan de travaux réalisé au plus vite. Des moyens doivent être dégagés pour répondre à la nécessité de modernisation de nombreux logements : salle de bains avec douches, cuisines modernes. A ceux qui se demandent : comment cela sera-t-il financé, je réponds simplement : quand on est capable de trouver 26 millions d’euros pour la rénovation de Calais-Nord, on doit être capable de trouver des fonds pour permettre à chacun de vivre dignement. Toujours sur le logement, la ville poursuivra ses participations dès lors que cela sera possible dans des opérations d’amélioration de l’habitat qui permettent aux propriétaires, en fonction de leurs revenus, de bénéficier d’aides. Dans ce secteur également la ville accompagnera. Enfin, il conviendra de mettre en chantier des logements à la location et en accession permettant de répondre à la demande. Dans le cadre de la rénovation des quartiers, il existe dans notre ville plusieurs secteurs nécessitant une restructuration lourde, il sera particulièrement important de respecter le droit à la beauté pour tous. Il s’agira de repenser la cohérence du tissu urbain, recoudre les tissus déchirés, pour favoriser le tissage du lien social et de l’estime de soi. Nous envisagerons une conception du logement collectif revalorisé selon trois axes majeurs : - Une construction écologique qui veillera au choix des matériaux sélectionnés en fonction des meilleures économies d’énergie possibles, et renforcera l’isolation thermique. - Une conception fonctionnelle soucieuse d’imbriquer l’espace public et l’espace privé, par une articulation harmonieuse entre construction et espaces verts. - Une construction esthétique qui fera la part la plus large possible à la lumière, mais aussi à la couleur, au végétal. Vivre dans sa ville, participer aux décisions, être informé, revêt pour nous qui défendons la démocratie participative, un enjeu considérable. C’est le sens de notre volonté de permettre aux conseils de quartier de revivre, de bénéficier de budgets autonomes, d’avoir à disposition un espace de liberté dans le quartier : une maison de quartier. Intégrées aux quartiers ; et même parfois à certains immeubles, elles auront pour vocation de devenir des points de repère stables pour les habitants. Leur équipement se fera en fonction des activités qu’elles pourront accueillir : moments de parole, soutien scolaire, petits spectacles, équipements destinés à la cuisine ou aux spectacles. Dans cet espace, un accès internet sera mis à disposition de ceux qui n’y ont malheureusement pas accès.

Ce développement de la participation sera renforcé par la tenue de réunions publiques d’informations, chaque fois que cela sera nécessaire et au minimum une fois par an. Le bulletin municipal redeviendra un bulletin d’information et pas un album photo du maire et de ses adjoints. Il sera mis en étude la réalisation d’un journal électronique qui informe au moins de manière hebdomadaire les habitants sur l’ensemble des activités de la ville. Oui nous voulons faire en sorte que chacun puisse être informé, participer, c’est pourquoi à chaque fois que le besoin s’en fera sentir, nous solliciterons l’avis des citoyens au moyen de referendums d’intérêt public tant pour des projets calaisien que pour des projets d’agglomération. Jamais pour diviser ou pour exclure, toujours pour rassembler et avancer ensemble. Mesdames messieurs, chers amis et chers camarades, je n’en suis pas au bout de mon propos. Ayant défini les axes majeurs de notre programme, je vais survoler d’autres propositions qui sont importantes, mais que vous pourrez retrouver dans le document enrichi, d’ici quelque jours. Je suis contraint d’agir ainsi, car si je laisse s’exprimer la passion qui est en moi pour cette ville, ses habitants, alors vous serez contraint de m’écouter encore pendant au moins 3 heures. Qu’il me soit permis de réaffirmer avec force les grands engagements qui seront les nôtres Nous voulons une ville solidaire, dans laquelle nul ne puisse être privé de son droit à la nourriture, à la santé, au logement, à pouvoir se défendre. Nous voulons une ville respectueuse de l’environnement, dans son fonctionnement, dans sa rénovation, dans son développement. Nous voulons que les projets utiles à la population, hors parfois de la compétence de la ville, puissent être examinés et en fonction des moyens mis en œuvre. Nous voulons des élus proches des gens et c’est pourquoi seront créés au-delà des adjoints disposant de délégations : des élus référents par grands quartiers : Beau-Marais, Calais-Nord, Fort-Nieulay, Petit-Courgain…, par dossiers spécifiques : la grande question de la migration, le dossier du port… Le but étant d’avoir un interlocuteur en responsabilité qui puisse avoir un accès rapide au Maire et aux services et ainsi, pouvoir rapidement répondre aux demandes, aux besoins. Nous voulons l’accès gratuit pour la population calaisienne au musée des Beaux-Arts et à la Cité de la Dentelle et de la Mode. Les pertes de recettes devant être largement compensées par des activités annexes. Nous voulons que soient réaffirmées avec force, les vocations des équipements culturels que sont le Théâtre, le Centre Culturel Gérard Philippe, que soient définitivement enterrées les velléités de mettre en difficulté le Channel et qu’au contraire, soit travaillée une meilleure organisation collective qui renforce la participation de la population. Toujours sur le Channel, nous voulons que ces manifestations qui ont amené des dizaines de milliers de visiteurs à venir découvrir notre ville revoient le jour, pour cela nous sommes prêts à aller chercher les moyens partout où ils existent et pas seulement dans la poche du contribuable calaisien. Nous voulons la remise à l’ordre du jour d’une véritable saison lyrique qui attire au-delà du Calaisis, la mise en place d’un grand festival d’été permettant d’attirer les touristes et de satisfaire l’intérêt de notre population. Nous voulons que chacun puisse vivre en sécurité dans notre ville, que la prévention soit renforcée, que la police municipale soit avant tout une police de proximité servant à régler les problèmes du quotidien. Nous voulons développer les terrains synthétiques pour le football, des terrains qui permettront à tous, petits et grands, clubs de quartiers ou club phare, de continuer à s’entraîner malgré le mauvais temps. Nous voulons que chaque enfant de Calais qui participe aux activités sportives au sein d’un club soit équipé par la ville et puisse ainsi la représenter dignement. Nous voulons que soit mis un terme au racket des associations qui veulent organiser des manifestations, la gratuité sera la règle seule une caution de nettoyage sera demandée. Nous voulons laisser la liberté aux associations d’entreprendre des activités qui leur permettent de collecter des fonds qui servent leurs membres. Nous voulons que notre jeunesse puisse grandir dans les meilleures conditions. Transports moins chers. Contrat social entre les jeunes et le tissu associatif pour bénéficier d’entrées gratuites à la piscine patinoire, au cinéma, au skate parc, au stade de foot, aux manifestations sportives et culturelles… Contrats social entre les jeunes et les associations pour obtenir une participation au paiement de son permis de conduire. Accompagnement des jeunes dans leurs recherches de stages d’intégrations, de formations. Soutien à la filière apprentissage dans le cadre des marchés publics et accompagnement par la collectivité. Création d’un lieu de rencontre spécifique à la jeunesse en centre-ville, lieu doté d’accès au net et disposant d’un espace ludique, lieu encadré par les services de la ville. Création d’une nouvelle médiathèque sur le secteur du Beau-Marais, d’un espace lecture et musique sur le Fort. Oui nous voulons que toute notre population puisse vivre dignement et disposer de services de qualités qui permettent aux femmes et aux hommes de pouvoir être des citoyens libres et maîtres de leur destin. Oui nous voulons que notre jeunesse, puisse avoir les mêmes droits que la jeunesse huppée de certaines villes de régions parisiennes, et si pour cela nous devions faire des choix, alors ce serait d’abord pour la jeunesse et l’ensemble de la population. Voilà le sens profond de notre engagement. Un engagement qui nous amène à construire une liste de rassemblement. Une liste qui s’est constituée autour du Front de Gauche, dont les composantes calaisiennes sont le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon et le Parti Communiste Français. Au Front de Gauche est venu s’ajouter le cercle Radical Jean Moulin qu’Alain Mascret animait, Cercle que représente ce soir Charles François. Charles qui, si je ne me trompe pas, est toujours vice-président de la Fédération du Pas-de-Calais du Parti Radical. Ensemble, nous avons défini les critères de constitutions. La reconduction des conseillers municipaux sortants qui le souhaitent et qui auront accompli leur mission. Des membres de formations politiques, mais pas seulement. Un besoin impératif d’être en phase avec la société. Un rajeunissement volontaire, qui aboutit d’ores et déjà à ce que la moyenne d’âge de la liste soit inférieure à l’âge du Capitaine. (C’est pour voir si tout le monde suit). Une forte présence du monde du travail. La présence de professions que l’on n’a pas l’habitude de voir sur nos listes. La présence de salariés de la fonction publique. Ce soir nous pouvions être prêts et faire une belle photo de famille. Cela aurait certes signifié que la liste était complète, et que nous étions avant les autres en ordre de bataille, mais cela aurait également signifié qu’il ne restait plus de place pour l’ouverture, que soit abandonnée toute idée de nouveau renforcement. Hors, si nous avons bien pris note du refus catégorique des dirigeants locaux du Parti Socialiste et de ses Verts de refuser le rassemblement qui gagne, nous avons aussi constaté l’apparition d’une nouvelle liste conduite par monsieur Roussel. Une liste déjà conduite par monsieur Roussel avait réalisé 4,79% aux élections municipales de 2008. Certains diront que, peut-être, cette division a contribué à affaiblir la Gauche. Je pense que chacun doit prendre sa part de responsabilité, mais que la responsabilité première incombait à celui qui était le plus fort et qui n’a pas compris qu’il fallait faire un geste pour rassembler. Admettre que l’on puisse s’être trompé, permet de reconstruire et de ne pas renouveler deux fois la même erreur. C’est pourquoi je me suis efforcé de convaincre l’ensemble des partenaires qu’il était indispensable de proposer le rassemblement le plus large possible. Monsieur Roussel, le message que nous vous adressons ce soir est le suivant : Votre souhait est d’être utile, comme nous. Votre souhait est de servir la population calaisienne, de décrocher pour elle de nouveaux droits, comme nous. Votre souhait est que les petites gens soient en permanence défendues, comme nous. Vous vous définissez comme appartenant à la vrai Gauche, comme nous. Alors au nom de tous, je vous propose l’Union pour faire gagner Calais, l’Union pour battre la droite et rendre à chacun son droit à la dignité, l’Union pour empêcher le développement de thèses qui ne sentent pas bon : comme cette initiative appelant à la délation. Vous pouvez avoir toute votre place sur notre liste. Aucun problème de discussion d’arrières boutiques ne pourra se présenter à nous, l’ensemble des partenaires ayant accepté de faire de la place et le parti communiste s’engageant à en faire un peu plus si nécessaire. Et ce message est valable pour toutes celles et ceux qui, devant la situation existante, pensent que le rassemblement le plus large à gauche dès le premier tour est un atout et non un handicap. J’ai conscience que la réponse ne sera pas pour ce soir, c’est pourquoi nous vous proposons de nous rencontrer et d’essayer de parvenir à un bon accord pour Calais et sa population. Il nous faudra alors juste tenir compte que la fin de l’année approche à grands pas et qu’elle peut donner, aux militants que nous sommes, la possibilité d’annoncer dans toutes nos familles notre entrée en campagne. Une présentation de liste avant les fêtes et quelques places encore libres pour l’ouverture sont le gage de notre volonté commune de rassembler large, le gage de notre engagement à tout faire pour battre la droite. Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, chers amis, chers camarades, nous avons pleinement conscience que vous auriez souhaité connaître les noms. Mais nous savons aussi que vous avez bien perçu l’importance de notre appel au rassemblement le plus large possible. Vous l’avez d’autant mieux perçu que vous ne voulez pas que madame Bouchart et son équipe soient réélus et combien vous avez raison. Vous l’avez d’autant mieux perçu que vous pensez que l’élection se jouera avec un écart faible d’où le besoin absolu d’unir. Oui nous construisons l’avenir, Oui notre liste représentera l’union la plus large possible, Oui nous nous donnons aujourd’hui du temps. Du temps pour mieux battre la droite et rendre son honneur à notre ville !