Le point de vue de Jacky Hénin : C’est avec un réel étonnement que nous avons pris connaissance de la position de madame le Maire de Calais concernant le dossier d’Espace, Palais des congrès. Si l’on en croit le rendu du journaliste, passé le 20 février (date à laquelle le conseil communautaire devrait prendre sa décision) tout sera définitif : « Une fois la décision prise, le centre de congrès de Calais ferait presque partie du paysage ». Singulière conception de la démocratie, de la part d’élus qui prétendent écouter et entendre la population dans ses souhaits pour l’avenir, mais qui, en fait, appliquent davantage la maxime populaire : « cause toujours tu m’intéresses ! » Cette position, et le rendu qui en est fait, nous amène à réagir. Une réaction d’autant plus normale que l’évocation du calendrier et l’explication de la démarche font état d’un certain nombre d’inexactitudes, apparaissent comme un véritable changement dans le comportement républicain des élus de l’agglomération, pourraient être particulièrement graves de conséquences pour le contribuable calaisien s’agissant d’un projet qui pourrait coûter 5 millions d’euros par an pendant 20 ans aux contribuables de l’agglomération. Changement de comportement des élus Par le passé, les dossiers lourds, faisant l’objet d’oppositions, qui n’étaient pas réglés à la veille d’une élection majeure (comme le renouvellement du conseil communautaire), étaient laissés à la décision des futurs élus. Normal disait-on, ce sera aux élus nouvellement désignés pour 6 ans d’assumer. Si tel n’était plus le cas alors toutes les donnes pourraient changer, en particulier celle de la majorité politique plutôt que celle de l’accord du plus grand nombre. C’est un risque que nous n’avons jamais voulu courrir, accepter, alors qu’il nous avait été proposé. Nous préférions la discussion à l’opposition sectaire : bloc contre bloc. Nous prenons acte d’une volonté différente chez certains, qui risque de rendre la vie en commun beaucoup plus difficile. Comme si l’agglomération avait besoin de cela. Inexactitudes Non, tout ne sera pas définitif. Une délibération sera adoptée, qui pourra être attaquée devant le tribunal administratif, qui pourra encore faire l’objet éventuellement d’appel… Par ailleurs, un concurrent évincé et mécontent pourrait également attaquer la décision devant les tribunaux. Une telle réalité rend les entreprises prudentes. D’autant plus prudentes que si elles venaient à commencer leurs travaux d’études, et seulement d’études, elles pourraient très bien avoir travaillé pour rien en cas de décision de justice annulant la délibération. Le calendrier, lui, nous paraît pour le moins optimiste. Pour ce que nous connaissons : entre 9 et 12 mois de travaux de conception, 2 à 3 mois de préparation de chantier 12 à 24 mois de construction… nous arrivons fin 2017, au mieux ! L’utilisation de l’argument de pénalités à régler en cas d’annulation du projet, dans la bouche d’une élue qui a dépensé 750 000 euros d’études inutiles pour un parking « les pieds dans l’eau place d’armes » qui n’a jamais vu le jour, nous fait doucement sourire. Un sourire qui s’allonge quand on met en rapport le montant possible de pénalités (d’autant que pour le moment il n’y a aucune obligation de rémunération dans le cadre de la procédure…) et le coût prévisionnel de la construction : 50 millions d’euros, auxquels il ne faut surtout pas oublier d’ajouter les énormes déficits de fonctionnement à venir. Allez, mars c’est demain, alors… Pour conclure et pour être particulièrement clair, nous attaquerons la délibération à venir auprès des tribunaux concernés, pour la faire annuler. Puis en cas de retour aux affaires municipales, nous entendons organiser un référendum d’intérêt local pour que chaque citoyen dûment informé, puisse participer à la décision de : oui ou non à un palais des congrès. C’est ce que nous pensons être la démocratie. D’autres peuvent penser autrement, c’est leur droit, mais ce sera également le droit des électeurs de leur dire que leur conception de la démocratie est pour le moins vaseuse.