spy loupe L’information est quasiment passée inaperçue. Sauf pour un lecteur du Rusé qui n’a pas manqué de nous alerter sur des faits pour le moins… surprenants. Et de fait, vérifications faites, il faut bien avouer que ce que l’on a appris est de nature à étonner… Mais reprenons. Tout part d’un article paru dans La Voix du Nord du 3 avril 2014 qui évoque, après Spyland, une seconde offre de parc d’attraction pour le Calaisis. Aux manettes de ce second projet, Bernard Eliard, un ancien de Noraparc, porteur du projet Spyland, récemment licencié. D’après La Voix du Nord, M. Eliard, gérant de la société Elarmartia, « se serait adjoint les services d’IDID et de Loftus Oveerseas Management, deux sociétés spécialisées dans l’aménagement de parcs d’attraction. » « Mais on ne m’a confirmé le sérieux de ce 2e projet que 8 jours avant le 1er tour des élections municipales, » déclarait alors Natacha Bouchart.

C’est là qu’on se demande d’où le sérieux qu’elle évoque peut-il bien venir ? Car figurez-vous qu’un coup d’œil curieux au registre des sociétés (accessible à tout un chacun…) nous apprend qu’Elarmatia, la société dont Bernard Eliard est le gérant, a été créée en mai 2011 et qu’elle dispose d’un capital de 1000 €. Voilà qui est très très peu, mais passons. Quelques recherches nous permettent également de constater que Bernard Eliard était auparavant administrateur d’une autre société, LEXBOX, radiée en décembre 2008 pour « insuffisance d’actifs ». Mais ce n’est pas tout, Elarmartia travaille donc, comme le précise La Voix du Nord avec 2 autres sociétés, IDID et Loftus Overseas Management. Retour au registre des sociétés où on nous apprend qu’IDID, l’une des deux sociétés présentées comme « spécialisées dans l’aménagement des parcs d’attraction » a été créée en septembre 2013 (autrement dit elle n’a pas 1 an d’existence), avec cette fois encore un capital de 1000 € (pardon d’insister mais c’est très très très peu) et AUCUNE référence antérieure en matière de création de parcs d’attraction (et pour cause…). Quant à Loftus Overseas Management, il s’agit en fait d’une société recréée à Hong-Kong, suite à la liquidation judiciaire puis à la radiation pour « insuffisance d’actifs » de Loftus France. Ne reste plus qu’à espérer que le Yann Tran Long, directeur de LOM, n’a absolument rien à voir avec le Yann Tran Long qui aurait fait partie du FANE (groupuscule néonazi) et qui serait aussi membre de l’OMAC (Omnium des Minéraux d’Afrique Centrale) impliqué dans des affaires de négociations de diamants en Afrique. Espérons, car cela voudrait dire que la municipalité calaisienne a de drôles de fréquentations. Mais non, ça ne peut être qu’un homonyme.

Quoi qu’il en soit, le flou qui entoure l’un et l’autre des projets de parcs n’est guère rassurant pour les finances calaisiennes. Car Natacha Bouchart affirmait le 5 avril que l’argent du fonds d’études avait servi « au financement d’études de faisabilité, au paiement de techniciens et à l’embauche d’un collaborateur dédié au projet. » Or si Noraparc affirme n’avoir « jamais été rémunéré par le fond d’études, Calais ou Cap Calaisis sur ce dossier et n’a jamais bénéficié de fonds publics d’aucune sorte, » (La Voix du Nord 3/04/14), pour Alexandre del Moral, actionnaire chargé de la communication de Noraparc, « le fonds d’études constitué et animé par Calais Promotion aurait rémunéré directement les travaux de deux ou trois anciens sous-traitants français et chinois de Noraparc. » Des sous-traitants français et chinois, autrement dit IDID et Loftus Overseas Management qui ne sont apparus que très récemment dans le paysage calaisien. En tout cas, ils n’ont pas perdu de temps pour se faire rémunérer par de l’argent public… Espérons que tout cela ne finisse pas avec l’apparition d’un… 3e parc d’attraction. On peut tout imaginer…