Intervention lors du conseil municipal du 5 février 2015

Le temps passe vite, et nous voici déjà revenus au débat d’orientation budgétaire. Un débat pour lequel à plusieurs reprises, j’ai évoqué dans cette enceinte la nécessité d’avoir des orientations à court, moyen et long terme. Des prévisions de recettes et de dépenses, la programmation des investissements et de leurs financements, leurs poids dans les comptes de la collectivité… Données qui permettraient à chacun de mieux appréhender le devenir de notre ville. Il semble que cette proposition ne soit pas entendue.

C’est dommage, car nous nous privons d’un outil de gestion qui ne pourrait que nous aider. Tenir compte du passé pour construire l’avenir, implique de savoir reconnaître les choix imparfaits, pour évidemment réorienter ou adapter les décisions.

C’est le rôle de l’opposition que de proposer, alors je réitère ma proposition d’entrer dans une véritable perspective de prévision. Regardons le document joint à la convocation.

De nouveau un cadre international où n’apparaissent ni les conflits ukrainiens, moyens orientaux et africains, où n’apparaît pas un fait majeur : la division par deux du prix du pétrole et les incertitudes lourdes sur son cours à venir (avec ce que cela implique sur les économies). Un peu léger quand même. Enfin un cadre national qui ignore volontairement le choix des grands groupes de satisfaire d’abord la rémunération de l’actionnaire, plutôt que d’investir dans l’outil de travail et de rendre aux salariés, la juste part de leur travail. Avec un coût du financier exorbitant, sans investissements, sans pouvoir d’achat supplémentaire, peu de perspectives de relance évidemment. Le cadre budgétaire pour 2015 Un recul des dotations de l’état pour notre collectivité que vous estimez à 2,7 millions pour 2015, après avoir déjà enregistré un recul de presque 800 000 euros en 2014. Des dotations qui devraient être diminuées par deux amenant une perte nette annuelle de 7 millions d’euros pour notre collectivité. Le résultat d’orientations que nous sommes de plus en plus nombreux à contester au plan européen et national, orientations que vous et vos amis soutenez. L’austérité, présentée comme le seul remède possible à la crise du système. Une austérité qui, au contraire de guérir, affaiblit davantage le malade comme on le voit en Grèce, en Espagne, au Portugal. Une austérité qui tire l’investissement public à la baisse en France, affaiblit les services publics, prive les territoires de moyens d’agir efficacement contre les destructions économiques et sociales. Avec des baisses de recettes, des charges en constantes augmentations, comment allons-nous pouvoir intervenir sur des dossiers lourds qui s’annoncent à nous : Tioxide, My Ferry Link, le soutien aux PME locales, au commerce en grande souffrance ? Une réalité que nous devrons avoir à l’esprit lors de la discussion budgétaire. Est évoqué ensuite la situation de l’imposition calaisienne, avec le rappel du positionnement de notre ville au plan départemental et national. Une réalité qui ne doit pas occulter que le taux n’est pas le seul élément à prendre en compte, l’élément premier à appréhender c’est la capacité de la population à participer à l’effort fiscal. Notre ville est devenue beaucoup plus coûteuse ces dernières années pour les classes moyennes, quand dans le même temps de nombreux foyers modestes se sont vus imposés. Certes les sommes sont parfois minimes, mais minimes n’a pas la même signification selon l’importance du revenu. Pêle-mêle vous nous annoncez ensuite, après nous avoir présenté la diminution importante des dotations de l’état comme un souci majeur, que l’impôt n’augmentera pas, que la taxe d’enlèvement des ordures ménagères non plus. C’est donc que vous aviez des réserves telles que vous pouvez continuer à bâtir tranquillement vos budgets. D’autant que depuis de nombreuses années, vous avez renforcé la participation du budget fonctionnement au budget investissement. La démonstration est ici faite que les Calaisiens ont vraiment payé plus d’impôts qu’il n’était nécessaire. De 2008 à 2013 le produit de l’imposition directe a progressé de 43,5%, les dépenses d’équipement ont, elles, reculé de 20%, alors que les dépenses de fonctionnement n’ont cessé de progresser. C’est la réalité. Je m’en tiendrai à ces quelques réflexions et reviendrai sur le fond à l’occasion de la discussion sur le budget. Je vous remercie de votre attention.