Intervention lors du conseil municipal du 5 février 2015

Comment parler de la forme sans parler du fond. S’il ne s’agit plus d’un parc tourné vers l’espionnage, au revoir Spyland, affirmons quand même que le dossier mérite assurément une enquête sérieuse. D’autant plus sérieuse que la communication qui m’a été faite d’un certain nombre de documents, m’interpelle fortement et conforte certaines de mes recherches. J’ai, par le passé, souvent été destinataire de courriers anonymes, insultants, dénonciateurs… J’ai toujours eu à l’égard de l’auteur anonyme, la même attitude : un classement vertical. Classement vertical, car anonyme veut faire souffrir, sans preuves aucunes, et sans assumer surtout. Et puis, pour le communiste que je suis, de ce parti qu’à un moment donné de l’histoire on a appelé le parti des fusillés, lettre anonyme rappelle par trop des heures sombres pour notre pays, beaucoup trop de souffrances. Pour la première fois en 25 années de vie publique, je viens d’être destinataire d’un dossier anonyme complet sur l’affaire qui nous intéresse ce soir. Un dossier qui n’est ni injurieux, ni diffamatoire. Un dossier qui reprend des choses connues : des articles de presse : de La Voix du Nord, du Nord Littoral et même du Rusé. Des documents copiés que seul quelqu’un ayant accès au dossier peut avoir eu en main : des conventions en provenance de Calais Développement, de Noraparc, de sous-traitants du précédemment cité. Des commentaires personnels, documentés étayés… C’est parce qu’il n’entre pas dans le cadre de ces dénonciations stériles et malfaisantes, que j’ai décidé d’étudier et de creuser un peu plus les affirmations. Une réalité qui m’amène ce soir à avoir des certitudes, des interrogations. Certitudes : vous saviez, madame le maire, bien avant la fin de l’année 2013 que le projet Spyland avait plus que du plomb dans l’aile. Pourtant vous avez laissé croire aux habitants de cette ville que des milliers d’emplois allaient arrivés. Certitudes quant à l’absence de fonds pour concrétiser un tel projet. Inutile d’aller plus loin. Interrogations sur la guerre intestine qui s’est déroulée autour de la société Noraparc Interrogations sur la capacité de la société IDID créée si je ne dis pas de bêtises en 2013 disposant d’un capital de 1000 euros. Interrogations sur le total des fonds collectés pour l’ancien et le nouveau projet, la provenance de ces fonds : privés, publics, para publics. Interrogation sur l’utilisation et la destination des fonds précédemment évoqués. Beaucoup d’autres interrogations, que je vais m’efforcer de faire disparaître dans les semaines à venir. Ce soir vous voulez nous faire adopter une délibération importante, dans le cadre de la réalisation d’un parc, mais une délibération qui peut attendre, les initiateurs du projet remettant sans cesse l’annonce de leurs soutiens financiers. Cela devait être en mai et juin 2014. Puis en septembre octobre 2014. Aujourd’hui ce serait, incessamment sous peu. Une réalité qui interroge et qui fait clairement apparaître la présentation de ce nouveau dossier comme une annonce purement électorale. Ni fonds pour les études, ni fonds propres pour abonder le capital, encore moins d’informations pour qui prêtera la bagatelle de 250 millions d’euros Un parc dont on prétend qu’il sera le cinquième de France et pourrait accueillir annuellement 1,5 millions de visiteurs. Un chiffre qui ne ressemble en rien aux déclarations de celui que l’on présente dans le dossier comme le spécialiste en parc : Yann Tan Long.

ParkOtheK : Certains analystes affirment que le marché des parcs de loisirs en France est saturé. Alors quel avenir ?

Yann Tran Long : « En réalité, il reste de la place pour 4 à 5 parcs supplémentaires avec une fréquentation moyenne de 300 000 visiteurs par an. Bien que la France soit la première destination touristique au monde, le ratio visiteurs/nombres d'habitants pour les parcs de loisirs est très en dessous de la moyenne nationale en Europe et dans le monde.




….Et la France, en elle-même est finalement un immense parc à thème avec ses lands, ses régions, ses spécialités, ses cultures. Il ne tient qu'à nous de savoir mettre en scène toutes ses richesses, et en cela nous répondons volontiers aux demandes de toutes les municipalités qui souhaiteraient développer un parc thématisé sur leur patrimoine. »

Nous sommes très loin du gabarit annoncé pour Calais.

Si nous étions convaincus que ce projet a toutes les chances de se réaliser, et si nous étions convaincus que la décision de ce soir pouvait accélérer les choses, alors sans aucun état d’armes nous voterions la délibération. Peu importe qu’un projet ne soit pas de notre fait, s’il peut permettre d’amener de l’emploi pour notre population, et s’il peut être assumé financièrement, alors il doit être soutenu. A la seule condition de ne pas être un projet dont on découvrira plus tard, qu’il était bidon. Je peux me tromper et si c’est le cas, alors publiquement je dirai les choses.

Ce soir, je souhaite poser un certain nombre de questions, pour lesquelles nous entendons obtenir des réponses précises. - A combien se monte le total des fonds récoltés dans le cadre du fonds d’études, par qui ont-ils été apportés ? - Quel est le montant déjà utilisé ? - Quelle est la situation qui lie Calais Développement à monsieur Thibous, s’il existe des liens financiers à combien se montent-ils ? - Calais Développement a-t-il viré des fonds à Honk-Kong et si oui combien ? - Avez-vous connaissance de liens que pourraient avoir l’un des dirigeants d’une société partie prenante au dossier, avec la mouvance d’extrême droite ?

Si nous posons ces questions ce soir, c’est : - parce qu’il s’agit du dossier Héroic, que nous pensons sur ce dossier comme sur d’autres que la population calaisienne a droit au respect, - que vous êtes la présidente de Calais Développement et qu’à ce titre vous avez les réponses aux questions posées Je vous remercie de votre attention. Et attend les éventuelles réponses avant de me prononcer.