La bande annonce qui présentait le reportage consacré aux migrants de Calais nous a carrément scandalisés. « Plongée dans une ville sous très haute tension ». Et puis quoi encore ? Hormis les riverains de la route de Gravelines, excédés de la présence toute proche des migrants au sein de la jungle, et dont on peut effectivement comprendre le ras-le-bol, on ne voit pas en quoi la présence des migrants, en dépit de leur nombre, puisse être dérangeante à ce point. Il est vrai que montrer dans cette bande annonce, des « hordes » de migrants arracher des grilles pour pénétrer dans le port ou une foule courir en centre-ville sans qu’on sache où, quand et comment ont été tournées ces images, ne peut que donner une image épouvantable de la ville. C’est même à se demander si les journalistes de M6 se sont promenés dans la ville ou s’ils cherchaient juste à taper dans le sensationnel. Les reportages réalisés par France 2 (JT de dimanche 6 mars) et France 3 (vendredi 4 mars) montraient, eux, une réalité bien différente : « En fait les migrants on ne les voit pas. C’est vrai qu’en fait on a une très mauvaise image de Calais par les médias », déclarait cette Calaisienne filmée devant la plage de Calais. Une Anglaise présente sur le bord de mer affirmait quant à elle : « On voit bien qu’il n’y a pas de problème ici, peut-être que c’est juste la presse qui effraie les gens. » Des paroles corroborées par cet autre Anglais : « On n’a pas du tout été embêtés par les migrants, c’est pour ça qu’on continue à venir. » Le mot de la fin sera pour cette salariée de l’office de tourisme : « Nous vivons très bien à Calais, nous accueillons les gens, les gens quand ils viennent faire du tourisme, ils sont contents, ils découvrent notre ville, et ils sont même étonnés de ne pas voir ces scènes de chaos qu’on peut voire à la télévision. » Les commerçants qui se sont rendus à Paris ce lundi 7 mars, devraient donc se poser les bonnes questions. Sont-ce vraiment les migrants qui effraient les touristes, ou ne serait-ce pas plutôt l’image, volontairement déformée, d’une ville quasiment assiégée que renvoient les médias en tout genre ? Mais bien sûr, il ne faut pas se mettre mal avec la presse, ce n’est donc pas Natacha Bouchart qu’on entendra tenir ce genre de discours…