L’annonce faite mardi 3 mai à l’occasion de l’assemblée des anciens marins de My Ferry Link, en a surpris plus d’un. C’est Éric Vercoutre qui a présenté la chose. MFL3 La constitution d’un rassemblement pour proposer aux anciens souscripteurs au capital de la SCOP d’attaquer ceux qu’ils jugent être responsables de la mort de cette société de l’économie sociale qui prenait son envol et aurait pu continuer à renforcer le tissu économique calaisien. L’affaire n’est pas mince. Si l’idée exprimée est bien de permettre à tous ceux qui ont apporté un soutien financier pour constituer le capital de la SCOP de voir leurs droits reconnus, il s’agit en fait davantage de faire condamner : le mensonge et la fourberie, la casse volontaire de plus de 600 emplois.

Une telle formulation devant un tribunal n’a (disons-le franchement) aucune chance d’aboutir. C’est pourquoi, quelques-uns ont décidé de travailler à des demandes (en lien direct avec le dossier) sur lesquelles la justice puisse se prononcer. Les questions de l’organisation de l’insolvabilité, la faillite organisée, la spoliation des diverses caisses recevant les cotisations des salariés… Chacun a déjà compris que l’adversaire principal sera Eurotunnel. Celui-là même qui s’était présenté comme le grand sauveur du pavillon français, pour mieux le sacrifier un peu plus tard, une fois ses propres intérêts mieux perçus par ses concurrents (sic).

Les sommes en jeu peuvent être importantes : le capital (800 000 euros), les 25 000 euros que l’État versait pour chacun des salariés de SEAFRANCE, les préjudices moraux… Une action judiciaire qui pourrait en faire naître une autre, beaucoup plus problématique pour Eurotunnel et DFDS, devant la commission européenne. Une action pour entente illicite. De telles actions qui défraient régulièrement la chronique européenne, prennent c’est vrai beaucoup de temps. Mais lorsqu’elles se concluent, c’est très souvent par des condamnations à de très grosses amendes.

Nul ne sait si la justice fera droit aux demandes des intéressés, mais en tous cas il s’agit d’un dossier à suivre.