4B C’est lundi dernier, 9 janvier, qu’avait lieu la cérémonie officielle des vœux de la municipalité de Calais. Une cérémonie classique, avec les interprétations sympathiques de la chorale du CCAS, la prise de parole du conseil des enfants, la mise en avant de citoyens, le discours de madame le maire. Un discours bien écrit, mais qui n’avait rien de très enthousiasmant. Manquant assurément de bonnes nouvelles à annoncer qui auraient pu atténuer la morosité ambiante, le rédacteur s’est efforcé d’adopter une ligne très simple : de rappel des faits, d’appel aux sentiments sur de nombreux sujets (histoire de flatter ce bon peuple dans le sens du poil), de flagornerie. Comment aurait-il pu en être autrement, quand sur le principal thème d’intervention de madame Bouchart et de besoin de réponse des Calaisiens (l’emploi), la situation est des plus difficile. Alors que nous sommes à la veille d’élections importantes, pour lesquelles les annonces fracassantes enregistrées ces dernières années auraient dû être réaffirmées (histoire de faire à nouveau rêver ceux qui pourraient aller voter), c’est à une prononciation de discours académiques que nous avons eu droit. De quoi laisser sur sa faim, mais surtout de quoi questionner.

Quelques mots seulement sur le projet phare : Héroic Land, pour nous annoncer la poursuite des études. Mais qui donc disait, quelques années en arrière : « La ville de Calais doit être championne du monde des études » ? Un projet pourtant annoncé à grand renfort de publicité en 2011 ! Bon, il est vrai que 3 ans plus tard le projet Spyland était trucidé par ceux qui portent aujourd’hui Héroïc Land. Mais depuis, on allait voir ce qu’on allait voir : des attractions du « feu de dieu », un projet hôtelier de plus de 200 chambres, 1000 emplois directs et indirects pour le parc, 2400 emplois pendant le chantier, 1,5 millions de visiteurs… Il ne manquait que le nom des investisseurs, qu’on nous promet depuis avril 2016. Et mois après mois l’annonce est reportée. Pourtant il ne s’agit que de quelques centaines de millions d’euros. Pour ceux qui attendent, c’est long, très long, au point de commencer à douter sérieusement de la crédibilité des annonces. Seul le site Héroïc Land continue son petit décompte

Quelques mots encore sur le développement du transport et de la logistique. Pourtant là encore c’est de milliers d’emplois dont on nous a parlé. La plateforme Calais Premier annoncée elle aussi en 2011 (on va finir par croire que cette année a le mauvais œil) vise ni plus ni moins qu’à créer le plus grand projet logistique au nord de Paris. Des dizaines de milliers de mètres carrés de bâtiments dédiés à la logistique, des milliers de mètres carrés de bâtiments dédiés aux services… Un projet qui n’a jamais mis la première et éprouve donc les pires difficultés à avancer. Un comble pour un projet routier.

Quelques annonces enfin sur le commerce de centre-ville, où là également il y a de la distance entre les annonces et la réalité. Alors qu’on nous avait vendu l’idée d’une redynamisation sans précédent, c’est une catastrophe qu’on nous présente. Jamais le nombre de commerces vacants n’a été aussi important, quand de futures fermetures sont encore annoncées. La poursuite du développement des zones extérieures, vient un peu plus fragiliser ceux qui étaient déjà mal en point… Une situation qui pourrait amener à une désertification plus forte encore. Les annonces formulées de faire revenir les Anglais, de proposer des surfaces à faibles loyers, peuvent apparaître intéressantes, sauf que rien ne se décrète et que le loyer n’est pas l’élément premier dans les critères d’installations. En effet, peu importe un loyer élevé si la clientèle est présente, comme ne signifie rien un loyer faible sans clientèle.

A la lecture de ces informations concernant le développement économique, vous comprenez mieux pourquoi il fallait dans le discours de vœux flatter l’orgueil calaisien. Le petit peuple n’ayant rien à se mettre sous la dent pourrait commencer à demander des comptes. Comment pourrait-il en être autrement, quand la situation de plus en plus de familles calaisiennes n’a cessé de se dégrader. Madame Bouchart et ses soutiens sont ainsi progressivement rattrapés par leurs promesses d’Eldorado : « avec la droite tout irait mieux ! ». Une réalité qui les amène, de nouveau, à essayer de botter en touche : ce serait une nouvelle fois de la faute des autres. Fort bien, mais un peu court quand on occupe un poste important à la Région, qu’on dirige l’agglomération, qu’on tient la ville d’une poigne de fer.

Espérons quand même, que pour tous ces projets on ne prétendra pas qu’ils avaient été présentés un 1er avril.