dragon machine Un conseil peu fourni en sujets de frictions, mais qui aura été agité dans sa première partie et se sera terminé en enterrement de première classe pour le CRUFC.

Celui qui venait assister au conseil en spectateur, comme celui qui en tant que membre venait accomplir son devoir citoyen, aura été surpris de constater la présence particulièrement nombreuse de salariés de la ville bien avant la séance officielle. Plus de 300 salariés de la ville et de la communauté d’agglomération, rassemblés à l’initiative de leurs syndicats : FO, CGT, SUD, pour s’opposer à un nouveau recul de leurs droits (voir p2 « Une vraie colère s’exprime »).

En discours introductif, madame Bouchart nous expliqua comme à l’habitude que : « tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Un discours qui contraste toutefois avec le ressenti et le vécu de nombreux Calaisiens.

Première délibération au menu, l’examen des travaux de la commission consultative des services publics concernant les services de l’eau et de la collecte des ordures ménagères. Des rapports sans soucis majeurs quant aux services eux-mêmes, qui auraient toutefois pu faire percevoir que le service des eaux rapportait un bénéfice non négligeable « au fermier » (nom donné à celui qui exploite pour le compte de) d’un côté, et laissait apparaître des recettes largement supérieures aux dépenses pour la collecte. En clair, dans les deux cas le consommateur est pris pour un pigeon qu’il convient de plumer.

Suivait la délibération concernant le projet artistique de la machine. Une délibération pour acter la première phase du projet. Un projet qui consiste, rappelons-le, à créer un univers particulier (comme pour l’éléphant, la girafe et les araignées) autour d’animaux extraordinaires. La première phase concernera un dragon qui aura le droit d’aller du front de mer au Fort Risban. Une première étape à 5 millions quatre cent mille euros hors taxes, dont 1 million pour la fête d’inauguration. Les phases suivantes concerneraient des varans, puis des iguanes et pour terminer un grand iguane. Un projet comme celui de la machine à Nantes, en capacité d’attirer les touristes, bien plus crédible que le projet « Erotic » Parc dont on n’entend plus beaucoup parler. Si nous n’avons pas de critiques à formuler sur les concepteurs et sur la capacité du projet lui-même à attirer, nous ne pouvons que nous inquiéter du fait que ce projet semble marquer la disparition du parc d’attraction précité et qui devait permettre la création de milliers d’emplois. Si tel était le cas, ce serait un nouveau coup dur pour ceux qui attendent depuis trop longtemps la possibilité de pouvoir accéder au marché de l’emploi. Ce serait surtout une nouvelle perte de crédibilité pour notre ville.

Examen ensuite de la délégation de service public du Chanel scène national. Un bilan complet qui montre l’implication de la structure dans la vie de la cité. Des délibérations culturelles dont l’une relative à une exposition sur Gainsbourg et Jane Birkin dans le cadre de l’année Franco-Britannique.

De nouveau l’examen d’une délégation de service public, celle du Casino. Un établissement qui se porte bien pour avoir réalisé l’an dernier plus de 600 000 euros de bénéfices.
L’étude ensuite de nombreuses délibérations dites techniques, pour attribuer des aides dans le cadre du fond d’intervention (pour le commerce et l’artisanat), pour solliciter des subventions, pour adhérer à la suppression des éclairages vétustes, pour lancer des marchés de fournitures, jusqu’au recrutement d’un manager du camping et de l’aire de camping-car…De nombreuses ventes de morceaux de terrains délaissés, le classement dans le domaine public de la voirie et des réseaux de la rue de Bogota.

L’ancienne école Diderot et le logement y afférant, sera ensuite confié à la SCI le Chenelet (entreprise de réinsertion) pour rénovation et création de logements. La délibération relative à la taxe annuelle sur les friches industrielles, permettra à l’opposition de faire remarquer l’augmentation importante des friches commerciales, comme la délibération relative au compte de gestion des 4B permettra de faire remarquer le coût important pour la collectivité : plus de 1 million 300 000 euros en à peine 2 ans.

C’est sur les subventions, que l’on s’énerva un peu. D’abord par manque d’informations, dont la responsabilité incombe sans conteste à M. Grenat toujours plus enclin à faire prendre des vessies pour des lanternes plutôt que de dire clairement les choses. Puis sur le montant de certaines aides et le refus de permettre à des enfants de jouer au football. Ainsi, le futur club devant remplacer le CRUFC fut attributaire d’une subvention supérieure à 50 000 euros, quand d’autres jeunes issus eux aussi du CRUFC n’auront même pas le droit d’utiliser un terrain.

Puis vint la délibération actant la mort du CRUFC (voir « Chronique d’un naufrage annoncé »).
Le conseil s’acheva par l’examen de demandes particulières, notamment celle formulée par madame Bouchart de prise en charge financière de sa défense dans une affaire de diffamation bidon. Ne souhaitant pas être associés à une telle mascarade, les élus communistes et républicains sont sortis.