Entendu cette semaine de la part d’un cadre de la fonction publique, manifestement macroniste : « je ne comprends pas bien pour quoi les gens manifestent. La loi travail, ce n’est pas une surprise, c’était dans le programme du président Macron, et il a été majoritairement élu... » C’est soit de l’aveuglement, soit une façon quelque peu originale de refaire l’histoire. La réalité c’est que M. Macron était le candidat idoine pour 23,11 % des électeurs.
Autrement dit, 76,89 % ne voulaient pas de lui. Et les 63,86 % qui lui ont apporté leur voix au second tour l’ont fait pour empêcher le Front National d’accéder au pouvoir. Bref, pas vraiment le blanc seing que certains aimeraient y voir.
Donc oui, il est tout à fait normal qu’aujourd’hui des milliers de personnes descendent dans les rues pour se faire entendre. Pour dire que la loi travail est un recul social inquiétant. Que les suppressions d’emplois annoncées dans la fonction publique cachent une volonté inacceptable de « privatiser » toujours plus de services (et donc d’en augmenter le prix, soyons clairs…). Que la réduction des APL est aussi scandaleuse que la transformation de l’ISF. Tiens arrêtons-nous un instant sur cette mesure. C’est désormais d’impôt sur la fortune immobilière dont il faut parler. Concrètement, les placements financiers, les meubles, véhicules, chevaux de courses, tableaux de maître, bijoux n’entrent plus dans le calcul… Une mesure qui profitera « aux plus fortunés des plus fortunés » (Le Monde 30-08-2017). Eux ne seront pas dans la rue le 10 octobre… Ils aiment beaucoup M. Macron...