caddy Conseils, municipal et communautaire, la semaine dernière en mairie de Calais. En théorie, de quoi alimenter l’actualité politique locale. Dans la réalité, peu de sujets de discorde.
Dans un cas comme dans l’autre, de nombreuses délibérations ne posaient en effet aucun problème.
Exemple, ces délibérations (obligatoires pour que le dossier puisse aller à son terme) concernant des ventes de délaissés de terrains, pour lesquelles tout le monde est d’accord à la fois : sur la surface et sur le prix.
Exemple encore, ces ventes de logement sociaux aux locataires occupants, ces dénomination de rues.
Il aurait fallu être « torturé », pour aller chercher querelle sur ces sujets.

Beaucoup de délibérations classiques donc, comme l’avis sur les dérogations au repos dominical des commerces de détail alimentaire pour 2018, l’autorisation de l’intervention de membres de l’association Unis Cité pendant les poses de repas (pour proposer des animations aux enfants fréquentant la cantine), la tarification pour les séjours d’été des enfants de la commune (fixée à 300 euros desquels peut être déduite la participation de la CAF)…

C’est sur une délibération anodine (la signature d’un partenariat amenant une société nationale de voyages à fournir des cadeaux) concernant l’initiative : « un incroyable talent calaisien 2017 », que l’opposition fera sa première intervention. Jacky Hénin précisera qu’il ne s’agissait pas de critiquer l’initiative, mais de faire remarquer qu’une société pouvait se faire de la publicité sur une réalisation entièrement financée par la ville de Calais, sans que d’autres partenaires n’aient été sollicités. Il précisera qu’on aurait très bien pu contacter les commerçants du centre-ville qui pouvaient eux aussi fournir des lots. Il s’abstiendra. Bien des délibérations plus tard, après avoir : transféré la propriété de l’ancienne école des maréchaux au Département (pour servir au collège Jean Macé), racheté une propriété dans le cadre d’un réaménagement de quartier, on en arrivait à la délibération concernant l’arrivée de Leclerc.

Une vente de terrains sur la zone de la rivière neuve pour permettre la construction d’un hypermarché de plus ou moins 10 000 m2. Évidemment la majorité n’y voit que la création de 300 emplois, quand d’autres s’interrogent sur le résultat final réel au regard des difficultés de notre région.
Si les uns ont évoqué les difficultés présentes d’accès à la zone, ne manquant pas de faire remarquer que la situation ne pouvait que se détériorer. Si d’autres ont plaidé la cause du centre-ville et se sont émus de rumeurs annonçant la fermeture du Carrefour mi-voix, Jacky Hénin a tenu à démontrer que l’arrivée de Leclerc ne permettrait pas d’atteindre les objectifs fixés.
« On entend souvent dire qu’abondance de bien ne nuit jamais. Eh bien ce n’est pas toujours vrai. Dès lors que la zone à servir est arrivée à saturation, toute nouvelle implantation bouleverse l’équilibre. Les gains des uns se font alors au détriment des autres. Ainsi, si l’on enregistrera bien des créations d’emplois d’un côté, on comptabilisera des pertes d’emplois et des restrictions d’activités ailleurs. Au final, le résultat sera nul pour le secteur de la grande distribution. Dans le même temps, le commerce de centre-ville subira une violente attaque d’une nouvelle zone de forte attractivité, et là on constatera de nouvelles suppressions d’emplois. Certes la négociation de l’arrivée d’un espace culturel Leclerc en centre-ville permettra à moyen terme d’atténuer les difficultés, jusqu’à ce que cet Espace (à terme) rejoigne sa famille pour bénéficier du flot de clientèle né de l’activité commerciale.

Une réalité qui s’appuie sur les difficultés de notre territoire. Les nombreux emplois industriels perdus toute ces dernières années. Les énormes pertes de pouvoir d’achat de la population calaisienne. En effet même si de nouveaux emplois ont parfois remplacé ceux qui ont été supprimés, c’est une lapalissade d’affirmer que les salaires n’ont pas été remplacés. Entre des emplois postés de la chimie, les emplois spécifiques de la marine, les emplois qualifiés de la dentelle, et ceux de chez Mac Do ou du commerce, il n’y a pas de comparaison possible en termes de rémunération.

Des difficultés de notre agglomération qui se sont accentuées avec la raréfaction de la présence britannique. Une diminution de présence due pour partie aux problèmes migratoires, mais également à la perte de pouvoir d’achat de la livre sterling. Une situation qui ne devrait pas s’améliorer avec le Brexit. »

Au terme du propos qu’il tenait au nom du groupe des élus Communistes et Républicains, l’ancien maire annonça que son groupe s’abstiendrait.

Un nouveau débat eut lieu lorsque la question de la lutte contre l’habitat indigne fut abordée. Jacky Hénin déclara alors qu’il était indispensable que la CAF soit partie prenante du dispositif. Elle porte en effet une lourde responsabilité, car en maintenant des prestations pour des logements indignes, elle contribue en quelque sorte à maintenir une rente de situation pour des « marchands de sommeil ».

Dernière délibération à faire discussion, la réforme du système des amendes de stationnement. L’état consent dans sa grande bonté, à laisser aux communes le soin de recouvrer et conserver les amendes. L’utilisateur sera désormais un utilisateur du domaine public et devra s’acquitter d’un droit de redevance d’utilisation. S’il prend un ticket, le tarif sera du montant du stationnement, s’il ne règle pas, (cela sera visible en cas de contrôle) il devra alors régler un tarif forfaitaire de 11 euros. Jusque-là peu de changement.
Précision importante, les amendes vont être dépénalisées. Plus de timbres amendes, plus d’inscription sur la carte grise, plus de tribunal. Une réalité qui fera dire à l’ancien maire, que cela coûtera sans doute plus de 11 euros pour récupérer 11 euros. Par ailleurs, la gratuité étant allongée à trente minutes, il est fort à parier que peu de monde continuera à régler sa contribution à l’utilisation du domaine public. Un vrai cadeau empoisonné.