« L’évasion fiscale me révolte » a eu le bon goût de déclarer Bruno Le Maire au lendemain des révélations des Paradise Papers. Le ministre a profité de l’occasion pour affirmer qu’Emmanuel Macron « poursuivrait le combat contre l’évasion fiscale ». Manifestement le sens du verbe « poursuivre » semble avoir échappé à M. Le Maire. Un petit tour du côté de M. Larousse lui aurait permis de constater que « poursuivre » signifie : continuer une action sans relâche, persévérer. Or on ne peut pas dire que MM. Sarkozy et Hollande, pour ne parler que des deux ex-présidents les plus récents, aient été des plus actifs en la matière. A moins de considérer que les déclarations d’intention suffisent pour estimer qu’ils ont agi contre l’évasion fiscale. Non, bien entendu. Et, contrairement à ce que déclare le bon petit soldat Le Maire, ce n’est pas notre nouveau président qui risque de frapper un grand coup dans ce domaine. Lui qui préfère « sucrer » 5 € sur les APL de Français pourtant pas parmi les plus privilégiés, tout en, d’un simple coup de gomme, faisant disparaître avions privés, yachts de luxe, bijoux et autres tableaux de maître de l’ISF. Ces biens ne font désormais plus partie de la richesse des plus riches. Magique ! Aucun doute on est sur le bon chemin. Gérard Longuet, sénateur LR, est d’ailleurs sur la même ligne que notre président LREM, lui qui trouve «  totalement moral » d’avoir recours à l’évasion fiscale « quand on vous prend 80 à 90 % de vos revenus ». Fake news comme le prouve Le Monde dans Les décodeurs du 7 novembre 2017 (voir Revue de presse).