Des journalistes de « Cash Investigation », Elise Lucet en tête, insultés par des actionnaires du groupe Carrefour : l’image a été reprise par les médias la semaine passée. Sous les sifflets de l’assistance et des invectives de haut niveau (« espèce de gauchistes », « journalistes de m…. » ou encore « vendus »), l’équipe a été raccompagnée presque manu militari, à la porte de l’assemblée générale. L’équipe de journalistes souhaitait obtenir des réponses quant à l’origine du coton utilisé par l’enseigne. En fait, du coton ouzbèque comme le montrait le reportage, ce qui pourrait ne pas être un problème en soit, si ce n’est que le coton ouzbèque a cette particularité d’être récolté par des hommes, femmes et même enfants sous la contrainte. En d’autres termes, on peut appeler ça du travail forcé. Choquant ? Pas pour les actionnaires présents lors de la fameuse assemblée générale dont certains ont même laissé échappé des « on s’en fout », plutôt révélateurs.
Révélateur du fait que pour certains les bénéfices comptent plus que les êtres humains, très certainement. Révélateur aussi de la difficulté que les vrais journalistes, ceux dont l’objectif est d’expliquer, d’informer, pour, quand il le faut, dénoncer, ont pour exercer leur métier. Et que cette façon de faire dérange. Jusqu’aux plus hautes sphères. Car la décision qui avait été prise (avant que la pression ne conduise à un rétro-pédalage suspect), de réduire le nombre de journalistes mais également celui du nombre de diffusions des émissions d’investigation, ne vient sans doute pas QUE de Delphine Hernotte, la présidente de France TV.