Quand c’est l’opposition qui explique que l’arrivée de « Leclercq » n’est pas forcément une bonne nouvelle pour le centre-ville, les quolibets ne tardent pas. Quand d’autres le disent également, c’est souvent parce qu’ils n’y comprennent rien. Mais, quand des spécialistes de l’aménagement l’écrivent, alors évidemment la critique devient plus compliquée.
Le week-end du 8 au 10 décembre, est paru dans le journal électronique Slate, un long article sur le choix de la municipalité calaisienne. Son auteur (Franck Gintrand : président de l’institut des territoires, ancien de chez Euro RSCG et Bernard Krief, chroniqueur à Slate et aux Echos), n’est pas vraiment un supporteur de Jacky Hénin. Pourtant ce qu’il écrit mérite réflexion. « Tandis que des élus demandent un moratoire sur le développement des zones commerciales, la maire de Calais s’apprête à porter un coup fatal à son centre-ville en aménageant 17 hectares de «boîtes à chaussures». Pour le bien de sa ville et en fanfare, évidemment… Madame la maire affiche un visage satisfait et un large sourire… Il faut dire qu’à Calais on ne voit pas tomber tous les jours du ciel 40 millions d’euros… ça se fête ! Peu importe que l’investissement soit entièrement dédié à l’aménagement d’une énième zone commerciale et que la moitié soit consacrée à l’implantation d’un Leclerc… Les autres hypermarchés, déjà présents sur la ville, mais aussi leurs employés, font grise mine depuis l’annonce. Les temps sont difficiles… 400, c'est le nombre d'emplois qui seront créés ! En fait de 400 emplois, le chiffre pourrait n’être que de 200… Peut-être faut-il distinguer emplois générés par le chantier et emplois pérennes… Peut-être ces chiffres demandent-ils à être affinés en fonction de différentes hypothèses qui mériteraient d’être clarifiées…Et pourquoi pas, tant qu’on y est, évoquer les licenciements que cette nouvelle concurrence suscitera inévitablement ! … Le taux de vacance commerciale de Calais est l’un des plus importants en France : plus de 15% des commerces sont inoccupés. (…) Un classement du Figaro (encore un journal communiste NDLR) sur le dynamisme des communes de plus de 50.000 habitants a même classé la ville bonne dernière. Le centre-ville ? Quel centre-ville ? Quelques centaines d'emplois en périphérie, oui, mais à quel prix? » À lire sur Slate.fr