Très récemment, les mercredi 7 et vendredi 9 février 2018, la totalité de l’opposition de gauche au conseil municipal de Calais a annoncé son refus de participer aux réunions (conseil municipal et conseil communautaire) pourtant dûment convoquées.
Pourquoi donc une telle attitude, et pourquoi aujourd’hui plutôt qu’hier ?
Il nous est apparu important de marquer les esprits, pour dénoncer les coups portés à la démocratie par des élus qui parlent de démocratie la bouche en cœur, mais la mettent concrètement à mal par leurs agissements. Notre décision est née de la volonté de madame la maire, présidente de l’agglomération, de convoquer les conseils de ces collectivités l’après-midi vers 16 h 30.
Une réalité qui pose un réel problème : d’organisation, démocratique.
Pour pouvoir être présent à 16 h 30 il est impératif de se libérer avant.
Une démocratie sans opposition, est-ce vraiment une démocratie ?
C’est ce que Jacky Hénin avait essayé d’expliquer à l’occasion d’un précédent conseil. Il n’a pas, c’est une évidence, été entendu.

Le prétexte avancé pour habiller la décision, est celui de faire faire des économies de personnels. Une réalité qui ne résiste pas à l’examen des décisions de modifications des horaires et des jours de réunions déjà prises sous les mandats de madame Bouchart et qui disparait dès lors que l’on parle d’organisation du travail.

Il faut croire que la maire de Calais, Vice-présidente de la Région, Présidente de l’Agglomération, n’apprécie guère devoir débattre avec ses oppositions, puisqu’à chaque fois qu’elle le peut, elle essaye de les empêcher de participer !
Quand il était Député au Parlement européen, Jacky Hénin a eu, à de nombreuses reprises, à subir cette réalité. Comme par le plus grand des hasards, les conseils étaient très souvent convoqués les semaines de session du Parlement européen. Les sessions débutant le lundi soir et se terminant le jeudi midi, le conseil était convoqué le mercredi soir. Une réalité qui n’a pas empêché l’ancien maire d’assumer ses responsabilités puisqu’il rentrait en TGV le mercredi soir, pour repartir en avion tôt le jeudi matin.
Puis cela fut le tour de Yann Capet quand il était député. Le conseil étant toujours convoqué les jours de présence à l’Assemblée nationale.

Par contre, durant la période où elle aura été Sénatrice, tout aura été organisé pour que vie de Sénatrice et de maire se conjuguent parfaitement.
Aujourd’hui, alors que l’on se rapproche des futures élections municipales, il ne s’agit ni plus ni moins que de brider l’opposition. Le jour ne suffisant plus, il fallait trouver un autre moyen. On jouera désormais sur les horaires, et cela touchera tout le monde.

Comme Jacky Hénin a pu le déclarer à la presse locale, ça n’est pas lui qui subira le plus de difficultés. Son employeur (le PCF) sachant pertinemment qu’il occupe des mandats politiques locaux, lui permettra de les assumer. Il faudra néanmoins sacrifier un après-midi complet.
Pour de nombreux autres conseillers municipaux, la question est insoluble. Deux avocates, qui ne décident pas des agendas judiciaires, deux commerçants ou employés de commerce qui devront ou fermer l’établissement ou perdre financièrement, des salariés qui pourront obtenir une libération de leur employeur mais devront assumer une réelle perte de salaire : l’après-midi entier !
Nous connaissons déjà une partie de la réponse de madame la maire :  qu’ils choisissent entre leurs professions et leurs mandats, qu’ils choisissent entre leurs mandats. Une réponse on ne peut plus stupide et surtout on ne peut plus insultante à l’égard de citoyens qui assument de participer à la vie locale contre une indemnité s’élevant à 148,03 euros par mois.

Une réponse insultante quand les uns devraient perdre du pouvoir d’achat, pendant que d’autres perçoivent plus de 8 400 euros d’indemnités, auxquels on ajoutera 2000 euros par mois de frais de représentation, la mise à disposition permanente d’un chauffeur, le paiement des factures de restaurant, cumulent des indemnités de maire adjoint et de vice-président de l’agglomération, de conseiller départemental, d’adjoint et de président de syndicat…
Pas une commune du Calaisis ne tient ses réunions à un tel horaire, simplement parce que de nombreux conseillers ont une vie professionnelle et qu’il convient de leur permettre de participer aux réunions dans les meilleures conditions. Mais également parce que les horaires de fin de journée peuvent permettre au public de participer.

La décision de madame Bouchart ne peut donc amener qu’à une plus faible participation de la société civile à la vie de nos collectivités. Qui voudra participer aux élections dès lors qu’il faudra assumer une perte financière non négligeable ? Elle ne peut également qu’entraîner un réel recul de la démocratie, en bridant l’expression de l’opposition et surtout en empêchant la majeure partie de la population d’assister aux séances de conseils (les actifs, les grands-parents chargés de s’occuper des petits enfants, les retraités actifs au sein d’associations…).

C’est un choix qui traduit une volonté de mépris à l’égard de tout ce qui ne soutient pas la pensée dominante, mépris à l’égard de la population calaisienne, que nous ne partageons pas.

Il est clair que nous n’entendons pas renoncer à défendre ceux qui nous ont élus. Si les horaires sont maintenus, alors, dans la difficulté nous nous adapterons. C’est d’autant plus nécessaire qu’il va nous falloir évoquer toutes les promesses qui ont été faites par exemple en matière d’emplois. Où en est par exemple le formidable projet Héroïc Land ?
Le travail nous attend, nous ne lâcherons rien et aucune mesure ne nous musèlera.